samedi 16 mai 2020

La Journée nationale des Patriotes s'en vient


« Duquette, appelle aux cieux ta mère en cheveux blancs! / Pauvre lis emporté par un sanglant orage, / Arraché de ce globe à peine à tes vingt ans, / Tu t’élanças aux cieux comme un calme nuage/ Pour laisser dans nos cœurs des regrets éternels, / Avoir là-haut un trône, ici-bas des autels! / Adieu tendre holocauste, écoute mon délire/ Et recueille en ton sein quelques sons de ma lyre! […] / Et toi, Lorimier, pends ton sublime essor : /Avant d’aller aux cieux, on gravit le Thabor! » (Les Patriotes de 1837-38 en Mauricie et au Centre-du-Québec, Jean-François Veilleux, Les Éditions du Québécois, p. 175, extrait du poème « Les douze martyrs »)


« 11 novembre 1838 : Escarmouche à Châteauguay. On raconte aussi qu’à l’époque, la plupart des Italiens du Bas-Canada, peu nombreux soient-ils, sont patriotes et aubergistes. C’est ainsi que, parmi eux, Antonio Merizzi jouera un rôle clé en contribuant à nourrir des milliers de combattants patriotes en novembre 1838. Jusque-là, le restaurateur de Napierville avait surtout participé à des assemblées politiques. Lors du second soulèvement, sa région est toutefois au cœur d’un dispositif militaire patriote. » ( Ibid., p. 109)

À Châteauguay, le député Joseph-Narcisse Cardinal (brigadier-général de l’armée patriote) et Joseph Duquette, à la tête de 80 hommes environ- la plupart des Frères Chasseurs- se rendent dans la réserve iroquoise pour acquérir des armes et désarmer les Amérindiens. Les Patriotes se font trahir par les Amérindiens Mohawk à Caughnawaga (Kanawake), déjà prévenus et qui leur avaient tendu un piège : 64 Patriotes sont faits prisonniers puis ramenés, le jour même, aux autorités puis à la prison de Montréal. (Ibid., p. 103)


« Aujourd’hui des assassins avides de sang viennent m’arracher de tes bras ; ils ne pourront jamais m’ôter de ton cœur, j’en ai la conviction. Ils viennent t’arracher ton soutien et ton protecteur ainsi que celui de mes chers petits enfants ; la providence et les amis de la Patrie y pourvoiront. Ils ne m’ont seulement pas donné le temps de voir mes deux chères petites filles pour les serrer contre mon cœur paternel et leur donner un dernier adieu. Je suis privé de voir mon bon vieux père, mes frères et sœurs pour leur faire mes adieux. Ah! Cruelle pensée! Cependant je leur pardonne tous du profond de mon cœur. » (Henriette Cadieux — Femme patriote, épouse d’un patriote, Yolande Gingras, Éditions Point du jour, p. 165, Lettre de Chevalier de Lorimier à Henriette Cadieux)