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Les Éditions Point du jour

est une entreprise d'édition établie à L'Assomption dans Lanaudière (Québec) depuis août 2007. La maison se spécialise d'abord dans la publication de livres liés à l'histoire et à la généalogie.
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lundi 18 mai 2020

Bonne Journée nationale des Patriotes!


Gilles Laporte dans Brève histoire des patriotes (Septentrion, 2015) prend le temps d’analyser la mobilisation des habitants dans chaque région du Bas-Canada. Voici ce qu’il a constaté dans Lanaudière : « À proximité des foyers d’agitation de Terrebonne et de Pointe-aux-Trembles, la mobilisation dans Lanaudière déçoit. Pourtant, les six députés patriotes de la région ne feront pas faux bond et répondront présents.
Bien qu’il soit modéré et préoccupé surtout par les questions d’éducation (fondateur du Collège de l’Assomption en 1834) le député Jean-Baptiste Meilleur honore de sa présence tous les rassemblements patriotes de son comté. L’autre député de L’Assomption, Édouard Rodier, est de son côté rien de moins que l’un des plus influents membres du Parti patriote. Il est cependant actif surtout hors du comté, participant à plus de 60 rassemblements politiques ailleurs au Bas-Canada. »


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Gilles Laporte note aussi la présence d’adversaires féroces à la cause patriote avec Joseph-Édouard Faribault et Barthélemy Joliette qui sont du camp des loyaux; élus députés et membres du Conseil législatif, entre autres, ils sont aussi très influents et prennent clairement position contre les patriotes. L’action de Joliette sera particulièrement vigoureuse en 1837, alors qu’il ne tient pas moins de treize réunions loyales visant à obtenir une déclaration de loyauté sous serment chez le plus grand nombre de citoyens possible : à Berthier, à Saint-Paul et à Lavaltrie. En refusant de prêter un tel serment, les citoyens pouvaient être condamnés pour haute trahison.

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Le très beau livre d’Anne-Marie Sicotte, Histoire des Patriotes - Un peuple libre en images,  abonde de documents d’archives, de portraits, de paysages au temps des Patriotes, un livre à se mettre sous les yeux et à lire d’un couvert à l’autre. Nous avons retenu celle-ci, parmi les 92 Résolutions : « Résolu, sur motion de Bonaventure Panet, secondé par Isidore Roy, que les habitants de ce comté ont vu avec une extrême douleur et avec l’indignation la plus profonde que, dans le choix  d’un représentant pour le Quartier-Ouest de la cité de Montréal, les électeurs ont été gênés dans leur liberté élective par l’intervention non requise, et  illégale, de la magistrature, et par la force armée, et que par  suite de cette intervention les Canadiens ont à déplorer la mort de plusieurs de leurs compatriotes tombés sous les coups de feu meurtrier du soldat, dont le devoir, , avant tout, est de protéger et non d’assassiner les citoyens. » Résolution adoptée lors de l’assemblée du comté de L’Assomption, le 10 juillet 1832.




dimanche 17 mai 2020

Citations du jour


« Le mythe autour du patriote le plus commémoré nous portait à croire que la dame qui avait accepté d’unir sa destinée à un de Lorimier et de garder la mémoire d’un époux injustement arraché à la vie, cette femme devait posséder aussi un caractère assez particulier. Faut-il la chercher parmi les 250 femmes patriotes réunies à Saint-Antoine-sur-Richelieu pour un dîner public, au cours duquel tout article importé devait être banni? Il y avait là des femmes qui suivirent volontiers les recommandations de Papineau, et qui étalèrent à qui mieux mieux leurs étoffes du pays, d’autres qui s’emparèrent des mousquets des la garde d’honneur qui les entourait et qui tirèrent un coup ou deux pour souligner les « santé » ou pour montrer leur bravoure. »
(Réf. : Gingras, Y. Henriette Cadieux, femme patriote, épouse d’un patriote, p. 13)

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Bon nombre de patriotes ont laissé des correspondances qui heureusement ont été mises au jour par de nombreux chercheurs dont Georges Aubin. Voici un extrait d’une lettre de Louis Perrault à Louis-Joseph Papineau :
                                                                                  Burlington, 19 février 1839

Mon cher M. Papineau,
J’ai reçu dans son temps votre lettre d’Albany, datée du 3 courant. Je me réjouis, avec le reste de nos compatriotes, sur votre départ pour la France. J’espère que voua aurez une traversée heureuse et que déjà tout promet que votre mission sera avantageuse pour notre malheureux pays.
   Je vous l’annonce avec peine : cinq patriotes ont encore, vendredi dernier, été immolés pour assouvir la soif de la faction qui a toujours fait le malheur du Canada. Ils sont morts avec bien du courage. Chevalier de Lorimier était du nombre. Ce pauvre infortuné écrivait à George Cartier, le soir même qu’il reçut l’arrêt fatal, entre autres choses, ‘qu’il était préparé à prendre le grand chemin de l’Éternité, qu’il se trouvait ferme et résolu et qu’il espérait continuer dans autant de force’. Puis, remerciant George pour son attention durant le procès, il le prie de se rappeler de lui après sa mort et de ne pas oublier qu’il meurt sur l’échafaud pour son pays.

                                                              **********
« Nous soussignés, au nom du peuple canadien, exposons que nous venons de subir une déroute près des frontières. Nous nous sommes soulevés en masse et nous le sommes encore.Nous manquons de chef ; la population américaine, le long des frontières, est hors d’exécuter la sympathie, qu’ils ont pour vous, [vu] que nous avons été trompés. Le peuple canadien s’est levé, croyant vous avoir à leur tête. Aujourd’hui, vos compatriotes gémissent de voir que vous ne venez pas de l’avant. » (John Ryan – Capitaine, athée et patriote, José Doré, Éditions Point du jour, p. 124, lettre adressée à Louis-Joseph Papineau, de la part d’une vingtaine de patriotes, dont Jeremy Bentham Ryan)


«Ô fils aîné de ma patrie! / Ô toi! de ton pays et l'orgueil et l'espoir! / Évoque ton passé comme un vivant miroir. / Un monument s'élève à ton génie, / Ce monument est immortel: / L'amour te l'érigera dans l'âme de tes frères / Comme on bâtit un saint autel / Pour transmettre à leurs fils le culte de leurs pères [...] Tel, sur le Canada, comme une étoile heureuse, / Renaît en souriant, la nuit voluptueuse, / Tu reviendras un jour, brillant de ton éclat, / Régner dans la tribune et [gouverner] l'état! » (Les Patriotes de 1837-38 en Mauricie et au Centre-du-Québec, Jean-François Veilleux, Les Éditions du Québécois, p. 165, poème À l'honorable Louis-Joseph Papineau)
 

samedi 16 mai 2020

La Journée nationale des Patriotes s'en vient


« Duquette, appelle aux cieux ta mère en cheveux blancs! / Pauvre lis emporté par un sanglant orage, / Arraché de ce globe à peine à tes vingt ans, / Tu t’élanças aux cieux comme un calme nuage/ Pour laisser dans nos cœurs des regrets éternels, / Avoir là-haut un trône, ici-bas des autels! / Adieu tendre holocauste, écoute mon délire/ Et recueille en ton sein quelques sons de ma lyre! […] / Et toi, Lorimier, pends ton sublime essor : /Avant d’aller aux cieux, on gravit le Thabor! » (Les Patriotes de 1837-38 en Mauricie et au Centre-du-Québec, Jean-François Veilleux, Les Éditions du Québécois, p. 175, extrait du poème « Les douze martyrs »)


« 11 novembre 1838 : Escarmouche à Châteauguay. On raconte aussi qu’à l’époque, la plupart des Italiens du Bas-Canada, peu nombreux soient-ils, sont patriotes et aubergistes. C’est ainsi que, parmi eux, Antonio Merizzi jouera un rôle clé en contribuant à nourrir des milliers de combattants patriotes en novembre 1838. Jusque-là, le restaurateur de Napierville avait surtout participé à des assemblées politiques. Lors du second soulèvement, sa région est toutefois au cœur d’un dispositif militaire patriote. » ( Ibid., p. 109)

À Châteauguay, le député Joseph-Narcisse Cardinal (brigadier-général de l’armée patriote) et Joseph Duquette, à la tête de 80 hommes environ- la plupart des Frères Chasseurs- se rendent dans la réserve iroquoise pour acquérir des armes et désarmer les Amérindiens. Les Patriotes se font trahir par les Amérindiens Mohawk à Caughnawaga (Kanawake), déjà prévenus et qui leur avaient tendu un piège : 64 Patriotes sont faits prisonniers puis ramenés, le jour même, aux autorités puis à la prison de Montréal. (Ibid., p. 103)


« Aujourd’hui des assassins avides de sang viennent m’arracher de tes bras ; ils ne pourront jamais m’ôter de ton cœur, j’en ai la conviction. Ils viennent t’arracher ton soutien et ton protecteur ainsi que celui de mes chers petits enfants ; la providence et les amis de la Patrie y pourvoiront. Ils ne m’ont seulement pas donné le temps de voir mes deux chères petites filles pour les serrer contre mon cœur paternel et leur donner un dernier adieu. Je suis privé de voir mon bon vieux père, mes frères et sœurs pour leur faire mes adieux. Ah! Cruelle pensée! Cependant je leur pardonne tous du profond de mon cœur. » (Henriette Cadieux — Femme patriote, épouse d’un patriote, Yolande Gingras, Éditions Point du jour, p. 165, Lettre de Chevalier de Lorimier à Henriette Cadieux)





vendredi 15 mai 2020

D'autres citations pour souligner l'arrivée de la Journée nationale des Patriotes


« L’humble requête d’Henriette Cadieux a l’honneur d’exposer à Votre Excellence qu’elle est l’épouse infortunée de Chevalier de Lorimier qui doit subir demain la peine de mort prononcée contre lui ; qu’il n’y a que quelques années qu’ils se trouvent unis par les liens conjugaux, qu’elle est mère de trois enfants en bas âge, qui sont le fruit de son mariage avec son malheureux époux et dont le plus âgé n’a que quatre ans. » (Henriette Cadieux – Femme patriote, épouse d’un patriote, Yolande Gingras, Éditions Point du jour, p. 64, lettre d’Henriette Cadieux à John Colborne)



« Je vous conseillerais de vous rendre avec toute la diligence possible, aux Trois Rivières, si vous avez assez d’hommes ; nous vous y joindrons par des mouvements rapides, après nous être assurés de Montréal. Si vos forces ne sont pas suffisantes pour suivre cette première route, dirigez-vous sur [Saint-Hyacinthe] et, de là, vous vous rendrez à Sorel, où vous pourrez prendre vos quartiers, jusqu’à ce que vous ayez reçu nos instructions ; mais si vos forces étaient insuffisantes, dirigez-vous avec ce que vous pourrez rassembler , sur la [baie] de Missisquoi, [Saint-Jean] et [La Prairie]. Ramassez tout ce que vous pourrez ramasser d’armes à feu. » (John Ryan – Capitaine, athée et patriote, José Doré, Éditions Point du jour , p. 110, Lettre de Robert Nelson à J.B. Ryan)



« À neuf heures du matin, devant une nouvelle intervention de Nelson, plus convaincante, Papineau repartit pour Saint-Hyacinthe. Cette première bataille fut remportée par Nelson et ses hommes. Vers le milieu de l’après-midi, les troupes de Gore comptaient six morts et dix-sept blessés. Cette victoire, qui tourna à la débandade des troupes anglaises, fut la seule dans toute cette insurrection. » (Célébrités canadiennes – L.-J. Papineau, Nadeau Papineau, LIDEC, p. 32)



« La pétition des soussignés sauvages du Sault-Saint-Louis expose humblement : Que nous avons ressenti une profonde douleur en apprenant que notre Père avait résolu de mettre à mort deux des prisonniers que nous avons faits : Joseph-N. Cardinal et Joseph Duquet. Nous venons donc à notre Père pour le supplier d’épargner la vie de ces hommes infortunés. Ils ne nous ont fait aucun mal. Ils n’ont pas trempé leurs mains dans le sang de leurs frères. Pourquoi répandre le leur? S’il doit y avoir des victimes, il y en a d’autres que ces malheureux qui sont mille fois plus coupables qu’eux. » (Célébrités —Joseph-Narcisse Cardinal, Jacques Lamarche, LIDEC, p. 51)

jeudi 14 mai 2020

Quelques citations inspirantes à l'approche de la Journée nationale des Patriotes

Lundi prochain, le 18 mai, nous célébrerons la Journée nationale des Patriotes. Pour vous donner envie de lire au sujet de ces hommes qui se sont battus pour le Québec et de leurs épouses, très engagées elles aussi dans la cause, nous vous présentons quelques citations inspirantes tirées de plusieurs ouvrages.


« Les femmes n’ont peut-être pas pris les armes, mais elles ont accompli des démarches immenses pour sauver leur mari. Pour elles, la famille avant la patrie! D'autres, humbles jusqu'à l’excès, quotidiennement, inlassablement, apportèrent un peu de nourriture aux misérables qui gémirent dans les cachots jusqu'en septembre 1839. Sombres jours! L’humanité, qui avait disparu sous la gouverne du vieux gendarme, commençait à retrouver peu à peu son visage : en attendant, elle s’était "réfugiée dans le cœur des femmes". » (Henriette Cadieux – Femme patriote, épouse d’un patriote, Yolande Gingras, Éditions Point du jour, p. 13)

« Il n’y eut pas que des obligations familiales, car au milieu de celles-ci, François-Thomas Chevalier et Henriette seront témoins de la fondation de l’Association Saint-Jean-Baptiste lors d’un banquet patriotique où s’étaient réunis des personnages influents de cette époque, les Jacques Viger, Ludger Duvernay, Édouard-Raymond Fabre, Georges-Étienne Cartier et plusieurs autres qui comptent parmi les amis du couple. La fête a lieu dans le jardin de l’avocat MacDonell, rue Saint-Antoine (emplacement de l’actuelle gare Windsor) ; c’est ainsi que le 24 juin deviendra la fête nationale. » (Ibid., p. 57)



« "Monsieur, je ne perds pas un instant sans vous communiquer le résultat de la fameuse assemblée d'aujourd’hui. Il y avait différents partis qui devaient tous se réunir à la Basse-Ville. Vers midi, le parti de [John] Munn, qui était parti de [Saint-Roch], filait par la rue [Saint-Paul], où se trouve l’imprimerie du [Libéral], tous les gens de l’office avaient [cru] prudent de s’en aller de crainte d’être attaqué […]. Quand je les vis venir, avec tous leurs drapeaux, musiques, etc., le sang me bouillait dans les veines, et dans l’espèce de frénésie où j’étais, je pris une grande perche et y attachai un gros torchon gras des plus dégoûtant, et quand je vis qu’ils approchaient la porte, je me mis sur le perron et en brandissant mon drapeau, je criais de toutes mes forces hourra pour les patriotes." » (John Ryan – Capitaine, athée et patriote, José Doré, Éditions Point du jour, p. 93)



« L’année 1834 devint celle des 92 résolutions. Louis-Joseph, qui en était l’auteur, avait écrit un résumé énergique et complet de tous les griefs de la Chambre et de la province, un réquisitoire contre les abus des gouverneurs. Pour les jeunes députés, il était le modèle, "l’homme-principe", le maître. Il se dégageait de lui une impression de puissance et de dynamisme ; il était l’autorité. Les 92 résolutions ne furent pas acceptées d’emblée par la Chambre. Elles y soulevèrent une discussion orageuse et un combat acharné. » (Célébrités canadiennes – L.-J. Papineau, Nadeau Papineau, LIDEC, p. 25)


« Lorsque Durham repart, le 1er novembre 1838, John Colborne reprend les rênes de la colonie et la seconde insurrection éclate dès le 3 novembre. Le lendemain, Colborne réinstaure la loi martiale et, le 8 novembre, le Conseil spécial abolit à nouveau l’habeas corpus. Le gouverneur lance alors une vaste campagne d’arrestations arbitraires visant des individus suspectés d’agissements séditieux ou sympathiques à la cause patriote. […] Viger est pour sa part arrêté chez lui le 4 novembre 1838. Il restera en prison dix-neuf mois, jusqu’à ce que l’habeas corpus soit rétabli, en mai 1840. » (Denis Benjamin Viger – Un patriote face au Canada-Uni, Martin Lavallée, VLB éditeur, p. 61)